Psychotraumatisme : une confrontation impossible avec la réalité
Lors d’un événement traumatique, une personne se trouve confrontée à sa mort, celle de proches ou à une blessure sérieuse. Il peut s’agir d’un événement ou de plusieurs événements similaires et récurrents.
On pense bien évidemment aux attentats, aux agressions, à un accident, aux événements climatiques (inondations, incendie …). Mais le monde du travail génère lui aussi son lot d’événements traumatiques : accidents du travail, blessure ou décès d’un usager, agression sur le lieu du travail …
Tous les événements traumatiques, s’ils restent des épreuves difficiles, ne génèrent pas de psychotraumatisme. La plupart des personnes se remettent d’elles mêmes.
Mais certaines personnes resteront plus impactées : leur mémoire se refuse à encoder certains éléments de l’événement. Pas de règles universelles, ce processus dépend toujours de nombreux facteurs qui interagissent comme l’histoire de la personne, son état de santé, la nature de l’événement …
On parle alors de psychotraumatisme.
La mémoire traumatique
La mémoire classique a enregistré une partie de l’événement mais certains éléments restent bloqués dans la mémoire traumatique. Souvent très nets mais partiels, ils peinent à être « digérés », absorbés par la mémoire et le temps et restent présents, resurgissant par moments, faisant littéralement irruption dans la vie de la personne.
Le psychotraumatisme au travail
Ce sont les récits de plusieurs patients qui m’ont incitée, en tant que psychologue du travail, à m’intéresser au psychotrauma. Des salariés qui avaient vécu des événements particuliers, pas toujours extrèmement difficiles du point de vue de l’entourage mais vécu comme tel par l’intéressé. Souvent, un arrêt de travail avait été proposé pour qu’ils « se reposent ». Mais quelques mois après, de nombreux symptômes devenaient handicapants : bouffées d’angoisse, cauchemars, impression de vivre dans un film par moment, … Les éléments diagnostics d’un syndrome de stress post traumatique étaient alors clairement réunis.
Intervenir sur le psychotrauma : un travail sur la mémoire dans un cadre sécurisé
Mes investigations m’ont permis de déterminer avant tout …. qu’on pouvait traiter le psychotrauma, et pas seulement par les médicaments.
De nombreuses thérapies existent qui ont fait la preuve de leur sérieux et de leur efficacité. Elles ont toutes en commun un travail sur le souvenir de l’événement, accompagné par un professionnel formé, non seulement à la technique mais au travail pluridisciplinaire avec médecins, infirmiers, psychomotriciens … On parle beaucoup aujourd’hui de l’EMDR, mais de nombreuses autres méthodes coexistent.
Elles nécessitent surtout du thérapeute qu’il pose un cadre très précis et soit en mesure de réagir à une réaction de décompensation, qui, si elle n’est pas souhaitable ni voulue, peut rester possible. A ce titre, il est fortement recommandé de ne s’adresser qu’à un professionnel de santé justifiant d’un n° ADELI ou RPPS (référencé par l’ARS).
De l’espoir pour les personnes concernées
Les recherches, la mise en oeuvre de techniques croisées et complémentaires, l’existence de structures dédiées comme les Centres Régionaux du Psychautrauma qui accompagnent les patients, développent des méthodes et forment les professionnels du territoire, font espérer un développement des prises en charge et un niveau de réussite en amélioration.
En tant que psychologue libéral, l’enseignement de ces structures spécialisées, leur accompagnement bienveillant et leurs conseils avisés consolident et sécurisent ma pratique au quotidien, au profit des salariés qui pourraient être concernés.
